Une trousse d’outils pour la mise en œuvre de la Charte de l’Okanagan
Une trousse d’outils pour la mise en œuvre de la Charte de l’Okanagan
Guide pour établir des bases solides en faveur de la promotion de la santé
Concepts fondamentaux d’un environnement propice à la santé
Cette section présente le vocabulaire commun et les concepts fondamentaux qui sous-tendent un environnement propice à la santé.
Elle explore la manière dont la Charte de l’Okanagan s’applique au sein de l’enseignement médical, et comment elle s’articule avec la sécurité physique, psychologique et culturelle, ainsi qu’avec l’équité, la diversité, l’inclusivité et l’accessibilité (EDIA).
Ensemble, ces concepts constituent une base permettant de comprendre comment les environnements façonnent la manière dont les personnes apprennent, travaillent et vivent au sein des facultés de médecine.
Cette section pose les bases du reste de la trousse d’outils. Elle présente les concepts, principes et approches clés qui sous-tendent les environnements propices à la santé.
Qu’est-ce qu’un Health-Promoting Environment?
« Des environnements qui soutiennent délibérément les compétences, les aspirations et les défis des apprenants, des enseignants et du personnel, grâce à une politique axée sur le bien-être, à des communautés favorisant les liens, à des ressources qui soutiennent les soins aux patients et le développement personnel, le tout au sein d’espaces inclusifs. »
Pourquoi est-ce important dans la formation médicale ?
Un environnement sûr et propice à la santé est fondamental pour la réussite et le bien-être de tous les membres de la communauté médicale. La formation médicale est exigeante, et les étudiants, les enseignants et le personnel sont confrontés quotidiennement à des pressions cognitives, émotionnelles et physiques. Les environnements qui accordent la priorité à la sécurité et à la promotion de la santé permettent à chacun de s’investir pleinement, de collaborer efficacement et de développer ses compétences et son identité professionnelle sans le fardeau supplémentaire d’un stress ou d’un préjudice évitable. Favoriser le bien-être ne repose pas uniquement sur l’effort individuel ; il s’agit de façonner délibérément des systèmes, des politiques et des cultures dans lesquels chacun peut travailler, apprendre et prodiguer des soins en exploitant pleinement son potentiel.
Les environnements propices à la santé façonnent également la manière dont les futurs médecins exerceront leur métier. En favorisant des cultures fondées sur le respect, l’inclusion, la collaboration et le partenariat, ils soutiennent le développement de praticiens capables de s’engager de manière significative auprès des patients, des familles et des communautés en tant que partenaires de santé. Ainsi, l’engagement centré sur le patient n’est pas seulement une valeur, mais un résultat essentiel de la formation médicale qui s’étend au-delà des établissements universitaires pour s’inscrire dans la pratique clinique et les contextes communautaires.
Les environnements propices à la santé influencent directement l’avenir de la médecine. Lorsque le bien-être est ancré dans la culture institutionnelle, il favorise des comportements professionnels plus sains, soutient l’innovation et l’apprentissage, et aide à préparer les médecins à contribuer à des systèmes de santé sûrs, inclusifs et durables. En favorisant des cultures propices à la santé au sein des facultés de médecine, les établissements peuvent influencer les environnements d’apprentissage, de travail et de soins dont bénéficient les professionnels de santé, les patients et les communautés tout au long du continuum de soins.
La Charte de l’Okanagan est un cadre international qui guide les établissements d’enseignement supérieur dans leur transformation en environnements propices à la santé. Elle invite les campus à aller au-delà des initiatives de bien-être individuelles ou ponctuelles pour intégrer la santé dans tous les aspects des systèmes et de la culture du campus.
Élaborée en 2015 grâce à une collaboration mondiale entre des responsables de l’enseignement supérieur et de la promotion de la santé, la Charte s’appuie sur des décennies de travail dans le domaine de la promotion de la santé, notamment sur les principes fondamentaux de la Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé (1986).
« La santé est créée et vécue par les personnes dans le cadre de leur vie quotidienne, là où ils apprennent, travaillent, jouent et aiment. »
– Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé
Objectif de la Charte
La Charte de l’Okanagan fournit un cadre commun destiné à guider les établissements dans la promotion de la santé et du bien-être de manière intentionnelle, coordonnée et durable. Elle aide les établissements à :
L’essentiel n’est pas de créer de nouvelles tâches, mais de tirer parti de la Charte pour aider les institutions à intégrer et à harmoniser les efforts existants, créant ainsi une cohésion et un impact accru sur l’ensemble du continuum.
La Charte comporte deux appels à l’action :
1
Intégrer la santé dans tous les aspects de la culture, de l’administration, du fonctionnement et des mandats du campus
2
Mener des actions de promotion de la santé et favoriser la collaboration à l’échelle locale et mondiale
Ensemble, ces appels à l’action positionnent les établissements à la fois comme garants de la promotion de la santé au sein de leur propre environnement et comme partenaires collaboratifs pour faire progresser le bien-être au-delà des frontières institutionnelles.
Une approche systémique du bien-être
L’une des caractéristiques déterminantes de la Charte de l’Okanagan réside dans son approche systémique globale. La santé et le bien-être ne sont pas considérés comme relevant de la responsabilité d’un seul programme ou service, ni comme le résultat des seuls comportements individuels. Ils sont au contraire façonnés par l’interaction et l’imbrication des éléments suivants :
Cette perspective déplace l’accent mis sur la persévérance individuelle vers la conception intentionnelle d’environnements favorisant la santé et le bien-être dès leur conception.
Pertinence pour les facultés de médecine
Les facultés de médecine sont des systèmes complexes où l’enseignement, les soins cliniques, la recherche et l’administration sont interreliés. Dans ces environnements, la santé et le bien-être sont influencés par des facteurs tels que la charge de travail, la culture d’apprentissage, les pratiques de leadership, l’équité et l’inclusion, ainsi que l’accessibilité au soutien.
Appliquer la Charte de l’Okanagan dans ce contexte signifie :
La Charte ne prescrit pas une approche unique. Elle fournit plutôt un cadre flexible pouvant être adapté aux contextes, priorités et besoins locaux.
Du cadre à l’action
La Charte n’est pas destinée à rester au stade conceptuel. Sa valeur réside dans la manière dont elle est mise en œuvre. Cette trousse d’outils traduit la Charte en actions concrètes en reliant ses principes aux réalités du milieu de la médecine universitaire, en proposant des stratégies portant sur les politiques, la culture, les espaces et les services, et en favorisant une mise en œuvre coordonnée à l’échelle du système. Ce faisant, elle contribue à passer d’aspirations communes à des actions communes, et d’efforts isolés à un changement durable à l’échelle de l’établissement.
La Charte de l’Okanagan invite les facultés de médecine à repenser la manière dont la santé et le bien-être sont favorisés. Non pas comme une priorité supplémentaire, mais comme un élément fondamental de notre façon d’enseigner, d’apprendre, de travailler et de diriger.
Mise en œuvre de la Charte de l’Okanagan En bref
Ces éléments sont interrelié et évoluent souvent en parallèle
Principes clés pour la création d’un environnement propice à la santé
Ces principes directeurs sont intégrés dans l’ensemble de la trousse d’ outils
Prendre en compte l’environnement dans son ensemble : culture, politiques, espaces et relations.
Intégrer le bien-être dans tous les rôles, toutes les fonctions et toutes les activités.
Co-créer des solutions avec les apprenants, le corps enseignant, le personnel et les partenaires.
S'engager dans tous les domaines et tous les secteurs pour renforcer l'impact.
S'appuyer sur les données, la recherche et l'amélioration continue pour orienter les décisions.
S’appuyer sur ce qui fonctionne déjà et généraliser les pratiques efficaces.
Ancrer les actions dans le terrain, la culture et les savoirs communautaires.
Promouvoir le bien-être par l’équité, la dignité et la justice sociale.
Les institutions promotrices de la santé s’engagent à mener une action à l’échelle du système qui crée les conditions permettant aux individus et aux communautés d’apprendre, de travailler, de tisser des liens et de s’épanouir pleinement.
Des environnements plus sûrs et plus inclusifs, propices à la promotion de la santé, ne se définissent pas uniquement par des politiques et des programmes, mais aussi par la manière dont les personnes vivent au quotidien leurs conditions d’apprentissage et de travail.
La sécurité (PPC) physique, psychologique et culturelle offre un cadre commun permettant de comprendre les conditions qui favorisent le bien-être au sein des facultés de médecine.
Définitions de la sécurité PPC
La sécurité physique résulte d’un environnement qui identifie, minimise et atténue les préjudices, les blessures et les maladies, les menaces de préjudice ou de blessure, ou les quasi-préjudices ou quasi-blessures pouvant être causés par une personne, une substance, un objet, un danger, un environnement ou une pratique professionnelle.
La sécurité psychologique est un climat de confiance et de respect dans lequel les personnes se sentent à l’aise pour exercer pleinement leur champ de pratique et exploiter leur potentiel, et sont convaincues que leurs collègues et leurs supérieurs soutiendront un collègue qui s’exprime dans le cadre de son travail, sans l’embarrasser ni le sanctionner.
La sécurité culturelle est une pratique permanente d’introspection et d’engagement respectueux qui reconnaît et accepte les identités individuelles uniques, les différences, les préférences et les espaces sociaux, et s’efforce de remédier aux déséquilibres de pouvoir inhérents au système de santé, afin de créer un environnement exempt de racisme et de discrimination où chacun se sent en sécurité pour être pleinement soi-même.
Le sentiment de sécurité psychologique est un concept large qui fait référence au sentiment de stabilité intérieure d’une personne, à sa sécurité émotionnelle, à la confiance en sa propre valeur et à la conviction qu’elle peut surmonter les défis sans craindre de subir un préjudice émotionnel. Il décrit un état intérieur, plutôt qu’une situation au sein d’une équipe ou d’une organisation. Il se distingue de la sécurité psychologique (qui concerne la dynamique de groupe). Le sentiment de sécurité psychologique renvoie au sentiment que l’on ressent en soi.
Lien entre la sécurité PPC et la Charte
La sécurité (PPC) physique, psychologique et culturelle définit ce à quoi ressemble et ce que l’on ressent concrètement dans un environnement propice à la santé.
La Charte de l’Okanagan fournit le cadre et les orientations nécessaires pour créer et maintenir ces conditions à l’échelle du système.
Ensemble, elles relient les principes à la pratique, garantissant ainsi que la promotion de la santé soit à la fois conçue de manière intentionnelle et vécue de façon significative au sein des facultés de médecine.
Dimension
Concrètement, cela se traduit par
Lien avec la Charte
Physique
Sécurité
La Charte préconise des environnements favorisant la santé physique, le bien-être et la sécurité, en concevant des espaces qui favorisent le bien-être des enseignants, des apprenants et du personnel.
Psychologique
Sécurité
La Charte invite les enseignants à priorité à la santé mentale et bien-être, en créant des où la sécurité psychologique est ancrée dans la culture et où chacun se sent soutenu.
Culturelle
Sécurité
La Charte prône l’inclusivité et la diversité, en favorisant des environnements où la sécurité culturelle est ancrée et où les campus sont ouverts à toutes les identités et à tous les parcours.
Pourquoi la sécurité PPC est-elle importante pour la promotion de la santé ?
La sécurité physique, psychologique et culturelle sont étroitement liées et se renforcent mutuellement. Lorsqu’une de ces dimensions fait défaut, l’environnement global est déséquilibré.
Ensemble, elles créent les conditions permettant aux individus et aux communautés de se sentir en sécurité, valorisés et capables de s’épanouir pleinement.
Questions de réflexion
L'équité, la diversité, l'inclusion et l'accessibilité (EDIA) sont des éléments fondamentaux et distincts qui contribuent à la création d'environnements d'apprentissage et de travail propice à la santé. Dans le cadre de la Charte de l'Okanagan, l'EDIA garantit que les efforts visant à promouvoir la santé et le bien-être bénéficient de manière équitable à l'ensemble des individus et des communautés, dans toute leur diversité.
La terminologie pouvant évoluer ou varier d’un établissement à l’autre, l’importance ne réside pas nécessairement dans le nom donné au concept d’EDIA, mais dans ce qu’il permet : lutter contre les inégalités structurelles, favoriser une participation significative et soutenir la santé et le bien-être de tous les apprenants, enseignants, membres du personnel et patients.
L’EDIA n’est donc pas un « complément » à la promotion de la santé, mais une condition essentielle qui façonne les engagements institutionnels en faveur du bien-être de manière significative, efficace et durable.
Pourquoi l’EDIA est-elle importante pour la promotion de la santé ?
Les environnements qui ne s’attaquent pas aux iniquités structurelles peuvent renforcer les obstacles à la participation, limiter l’accès aux opportunités et contribuer à l’exclusion, à l’épuisement professionnel et à la méfiance.
Lorsque l’EDIA est intégrée dans les politiques, les pratiques et la culture, les institutions sont mieux à même de favoriser un accès équitable, de renforcer le sentiment d’appartenance et de créer les conditions permettant à chacun de participer pleinement et en toute sécurité. *Dans le domaine de la formation médicale et des soins de santé, ces conditions sont directement liées au bien-être des apprenants, à l’efficacité des équipes, ainsi qu’à la qualité et à l’équité des soins.
Éléments fondamentaux de l’EDIA dans la promotion de la santé
L'équité consiste à identifier et à surmonter les obstacles systémiques ancrés dans les politiques, les pratiques et la culture institutionnelle. Cela inclut :
🔹 Les pratiques d’admission, d’évaluation et de recrutement
🔹 L’accès au mentorat et aux opportunités de leadership
🔹 La répartition des ressources et du soutien
Les engagements ambitieux ne suffisent pas à eux seuls. Sans changements comportementaux et structurels correspondants, les institutions risquent de voir leurs membres se désengager et se désillusionner, en particulier parmi ceux qui continuent de subir des iniquités, notamment les femmes, les médecins autochtones et les médecins noirs.
La diversité reflète la présence de différences en matière d’identité, d’origine, d’expérience et de modes de connaissance. Dans les environnements propice à la santé, la diversité ne se résume pas à la représentation, mais concerne également :
🔹 Quels savoirs sont intégrés dans les programmes d’études
🔹 Quels points de vue éclairent la prise de décision
🔹 Quelles expériences sont reconnues comme valables
La diversité sans inclusion ni équité peut renforcer les déséquilibres de pouvoir existants.
L’inclusion est la pratique active et continue consistant à créer des environnements dans lesquels les individus se sentent respectés, valorisés et capables d’apporter une contribution significative. Cela implique notamment :
🔹 Aborder les rapports de force liés à la hiérarchie, aux titres et aux perceptions
🔹 Créer un espace propice à la diversité des points de vue et des expériences vécues
🔹 Soutenir les pratiques quotidiennes qui témoignent d’un sentiment d’appartenance
(par exemple, le partage des pronoms, le soutien visible)
L’inclusion va au-delà de la simple représentation : elle nécessite la possibilité de s’exprimer, d’exercer une influence et de se sentire en sécurité psychologique.
L’accessibilité est plus efficace lorsqu’elle est intégrée dès le départ grâce à une conception universelle, plutôt que d’être abordée uniquement par le biais d’aménagements individuels. Cela implique :
🔹 Concevoir des environnements flexibles et accessibles à un large éventail de personnes
🔹 De réduire les obstacles de manière proactive plutôt que rétrospective
🔹 Mettre en œuvre les normes techniques en constante évolution dans la pratique quotidienne
Passer des aménagements à la conception permet de préserver la dignité, de réduire la stigmatisation et profite à tous, et pas seulement aux personnes ayant un handicap déclaré.
L’EDIA s’appuie sur plusieurs fondements transversaux qui déterminent la manière dont elle est comprise et mise en œuvre.
Principes transversaux
L'intersectionnalité reconnaît que les individus sont confrontés à des formes d'iniquités qui se chevauchent et se cumulent. Cependant, lorsque plusieurs concepts sont regroupés sans clarté, il existe un risque de dilution. Une mise en œuvre efficace nécessite de trouver un équilibre entre complexité et clarté :
🔹 Identifier les iniquités et les obstacles spécifiques
🔹 Comprendre comment elles interagissent entre elles et avec l’environnement
🔹 Concevoir des réponses qui reflètent les réalités vécues par les individus à
travers leurs multiples identités plutôt que des catégories généralisées
Il est essentiel de développer une compréhension commune de ce qu’est l’EDIA et de ce qu’elle n’est pas, en particulier dans des contextes où la terminologie peut être interprétée de différentes manières.
🔹 Des termes tels que « marginalisé » peuvent involontairement renforcer
l’exclusion en définissant les individus par rapport à une norme dominante
🔹 Les institutions doivent faire preuve de réflexion et d’intentionnalité quant à la
manière dont le langage reflète les valeurs, le pouvoir et le sentiment
d’appartenance
🔹 Reconnaître comment la hiérarchie, les titres et les perceptions déterminent
quelles voix sont entendues
Pour que les progrès soient durables, il faut passer de l’intention à l’action :
🔹Intégrer l’EDIA dans les structures décisionnelles
🔹Collecter et analyser des données ventilées (par exemple, admissions, accès
au mentorat, résultats)
🔹Démontrer l’impact pour maintenir la dynamique et contrer les discours
négationnistes
L’équité et le bien-être ne doivent pas être traités comme des thèmes isolés ou des initiatives ponctuelles. Lorsqu’ils sont considérés comme des éléments complémentaires, ils risquent de perdre de leur pertinence et de leur impact. Au contraire, l’EDIA doit être intégrée dans :
🔹 Programmes d’études et évaluation
🔹 La culture organisationnelle et le leadership
🔹 Les politiques, les processus et les systèmes d’évaluation
Comprendre l’EDIA en lien avec la sécurité physique, psychologique et culturelle, ainsi qu’avec les principes fondamentaux de la Charte de l’Okanagan, permet de jeter les bases nécessaires à la mise en œuvre de stratégies de promotion de la santé à la fois efficaces et équitables.
Guide de mise en œuvre en cinq étapes
Cette section traduit les concepts fondamentaux en actions concrètes.
En s’appuyant sur ce que vous avez appris, elle présente une approche étape par étape pour vous aider à planifier, mettre en œuvre et pérenniser un environnement propice à la santé au sein de votre établissement.
Grâce à ces étapes, vous identifierez les priorités, mobiliserez votre réseau et mènerez des actions coordonnées pour créer un changement significatif et durable.
Lancer une initiative ou une action propice à la santé au sein de votre faculté peut sembler une tâche colossale. Commencez par déterminer clairement où concentrer votre énergie et vos ressources.
Une évaluation des besoins peut constituer un point de départ précieux, vous aidant à comprendre les atouts, les lacunes et les opportunités actuels au sein de votre environnement, et garantissant que vos priorités s’appuient sur des données et des points de vue diversifiés.
Dans la mesure du possible, veillezr à ce que le processus soit inclusif, transparent et itératif, et partagezr les résultats avec la communauté afin de bâtir la confiance et de maintenir l’engagement.
Que peut inclure une évaluation des besoins ?
Des enquêtes et des questionnaires pour recueillir des avis auprès des apprenants, des enseignants et du personnel
Des groupes de discussion ou des séances d’écoute pour explorer les expériences de manière plus approfondie et recueillir des points de vue variés
L’analyse des données existantes (par exemple, enquêtes d’engagement, indicateurs de bien-être, rapports d’incidents, évaluations)
Analyses contextuelles des espaces physiques, des dynamiques sociales et des conditions organisationnelles
Des revues des politiques et des processus afin d’identifier les lacunes ou les incohérences par rapport aux principes de promotion de la santé
Recenser les initiatives et les ressources existantes afin de comprendre ce qui est déjà en place et d’identifier les lacunes ou les doublons
Une fois que vous avez analysé les besoins de votre établissement, vous pouvez commencer à définir et à hiérarchiser vos actions. Ancrer les priorités dans une évaluation réfléchie permet de concentrer les efforts et les ressources là où ils auront le plus d’impact et jette des bases solides pour un changement durable et significatif.
Tenez compte des éléments suivants :
Actions : Identifiez des étapes claires pour atteindre chaque objectif.
Partenaires clés : Déterminez qui doit être impliqué (direction du corps enseignant, administration, patients, apprenants, etc.)
Indicateurs de réussite et rapports : Définissez des indicateurs mesurables pour suivre les progrès, ainsi que les éléments clés qui témoignent d’un changement significatif.
Ressources nécessaires : Déterminez les ressources humaines, financières et organisationnelles nécessaires pour soutenir chaque action.
Hiérarchisation : Attribuer une priorité relative en fonction de l’impact et de la faisabilité (par exemple : élevée, moyenne, faible)
Statut : Mettre en place un système simple pour suivre les progrès par exemple, un code couleur (rouge = pas encore lancé, vert = en cours, bleu = atteint).
Passer de la planification des priorités à l’action
Exemple : Une évaluation des besoins menée au sein d’une faculté a mis en évidence une lacune en matière de gouvernance, notamment l’absence d’une structure formelle chargée de coordonner et de faire progresser les initiatives en faveur du bien-être. En réponse à cela, la création d’un comité du bien-être à l’échelle de la faculté a été identifiée comme une priorité. Le groupe a suivi le processus de planification et a soumis sa proposition au doyen afin d’obtenir son soutien.
Domaine prioritaire : Politiques / Gouvernance et leadership au service du bien-être
Actions : Mettre en place un comité de bien-être à l’échelle de la faculté, composé de représentants de tous les rôles ; définir son mandat, son cadre de référence et sa structure hiérarchique
Partenaires clés : Direction de la faculté (bureau du doyen), directeurs de programme, enseignants, étudiants, personnel administratif, services chargés du bien-être
Indicateurs de réussite : Comité mis en place avec un mandat officiel ; cadence régulière des réunions (par exemple, trimestrielle) ; représentation de tous les rôles ; intégration dans la structure de gouvernance.
Rapports : Perception de la visibilité et de la crédibilité du comité ; retours d’expérience sur le caractère inclusif de la représentation ; exemples de problèmes soulevés et traités
Ressources nécessaires : Soutien administratif ; temps dédié pour les membres ; budget de fonctionnement modeste
Niveau de priorité : Élevé
Statut : En cours
Une fois que vous avez identifié vos besoins et détaillé votre liste de priorités, envisagez de créer un document de planification pour évaluer et suivre les progrès de toutes vos initiatives et actions. Il pourrait ressembler à ceci :

Questions de réflexion pour orienter la planification des priorités vers l’action
À retenir :
Les environnements propices à la santé se construisent grâce à un réseau de personnes et de groupes capables d’influencer les politiques, les pratiques et la culture par le biais d’efforts coordonnés et collaboratifs. Si chacun contribue au bien-être, chacun le fait à sa manière.
En vous appuyant sur les priorités que vous avez identifiées, l’étape suivante consiste à déterminer qui est le mieux placé pour faire avancer ce travail.
Votre réseau peut inclure des personnes qui :
La promotion de la santé est un domaine complexe et à plusieurs niveaux ; lorsque les relations sont intentionnelles et que les contributions sont visibles, les institutions peuvent passer d’efforts isolés à une action coordonnée.
Un environnement propice à la santé intègre l’EDIA, le bien-être et la justice sociale non pas comme des efforts parallèles, mais comme des éléments délibérément intégrés à la manière dont les personnes vivent, apprennent et travaillent au sein de cet environnement. Pour y parvenir, il faut disposer des leviers adéquats pour faire avancer les choses.
Un réseau solide permet de :
Ne vous limitez pas à votre établissement ! Élargir votre réseau à l’échelle régionale et nationale peut renforcer l’impact, favoriser l’apprentissage partagé et amplifier le changement !
Aspects clés de la cartographie de votre réseau
1. Identifiez vos leviers de changement : Toutes les personnes, tous les groupes ou toutes les entités concernés par ce travail ou susceptibles de l'influencer.
2. Déterminez leur niveau de :
3. Évaluez leur capacité à participer et trouvez des moyens de les impliquer Consider using an analysis grid:

Questions de réflexion pour vous aider à cartographier votre réseau
À retenir :
Construire un réseau de professeurs promoteurs de la santé
Les facultés promotrices de santé s’articulent autour d’un réseau de rôles interconnectés. Si le leadership contribue à définir l’orientation, les changements significatifs sont portés par une action coordonnée et des expériences vécues à tous les niveaux. Des catalyseurs tels que l’EDIA et l’amélioration fondée sur les données favorisent l’alignement et l’impact à l’échelle du système.

Le changement dans des environnements complexes prend du temps, mais les progrès sont portés par des actions claires, une responsabilité partagée et une dynamique soutenue. Plutôt que d’attendre des conditions idéales, concentrez-vous sur la mise en œuvre de mesures délibérées et réalisables qui contribuent à la réalisation d’objectifs à long terme.
Une fois les priorités identifiées et votre réseau en place, l’étape suivante consiste à traduire les plans en actions concrètes. Cela implique de passer des idées à une mise en œuvre coordonnée au sein de votre faculté.
Passer de la planification à l’action
Commencez par des actions rapides : Identifiez un petit nombre d’initiatives réalisables et à fort impact pour créer une dynamique.
Clarifiez les rôles et les responsabilités : Assurez-vous que les membres de votre réseau comprennent bien leurs contributions et leurs responsabilités.
Intégrez les actions dans les structures existantes : Alignez-vous, dans la mesure du possible, sur les comités, les processus de gouvernance et les initiatives en cours.
Communiquez de manière claire et cohérente : Partagez les priorités, les progrès et les possibilités d’engagement au sein de la faculté.
Allouez les ressources nécessaires : Veillez à ce que le temps, le financement et le soutien nécessaires soient en place pour pérenniser les efforts.
Suivez les progrès et adaptez-vous : Utilisez les données et les retours d’expérience pour affiner et améliorer vos actions au fil du temps.
La mobilisation n’est pas un effort ponctuel : elle nécessite une attention continue et des ajustements permanents.
Maintenir la dynamique
Des actions précoces et visibles contribuent à démontrer les progrès accomplis, à instaurer la confiance et à susciter l’élan nécessaire à un changement plus large. Concentrez-vous sur ce qui est réalisable dès maintenant tout en œuvrant à une transformation à plus long terme.
Les progrès peuvent être progressifs, mais grâce à une action coordonnée et délibérée, les institutions peuvent évoluer, créant ainsi des environnements où le bien-être n’est pas une simple aspiration, mais fait partie intégrante de la manière dont la médecine universitaire est conçue et vécue.
Les six orientations stratégiques ont été adaptées de la Charte de l’Okanagan pour s’inscrire dans le contexte de l’enseignement médical. Cette trousse d’ outils propose des conseils et des mesures concrètes pour vous aider à mettre en œuvre chacune de ces six orientations au sein de votre environnement, quel que soit votre rôle.
Une fois vos priorités définies, votre réseau établi et vos actions engagées, ces axes contribuent à garantir que vos efforts soient globaux, coordonnés et harmonisés à l’échelle du système.
Plutôt que d’aborder les initiatives de manière isolée, utilisez les orientations stratégiques pour organiser, renforcer et développer votre travail, en veillant à ce que les différents acteurs de la faculté collaborent pour favoriser le bien-être.
Les six orientations stratégiques de la Charte de l’Okanagan
1. Élaborer et mettre en œuvre une politique de promotion de la santé
Réviser, élaborer et coordonner des politiques et des pratiques qui intègrent la santé, le bien-être, l’équité et la durabilité à la planification institutionnelle, à la prise de décision et aux processus de responsabilisation.
2. Créer des espaces durables, favorables et inclusifs
Créer et entretenir des environnements favorables, inclusifs et propices à la santé en aménageant de façon réfléchie les espaces bâtis, naturels, sociaux, culturels, académiques , organisationnels et virtuels qui influencent la manière dont les personnes apprennent, travaillent, enseignent, mènent des recherches, tissent des liens et prodiguent des soins.
3. Favoriser des communautés médicales prospères et une culture du bien-être
Favoriser intentionnellement la création de communautés et de cultures qui encouragent le respect, l'inclusion, le sentiment d'appartenance, la sécurité psychologique, la compassion, la collaboration et la responsabilité partagée en matière de bien-être.
4. Encourager, appuyer et entretenir le développement personnel
Soutenir les possibilités offertes aux apprenants, au personnel et aux enseignants de renforcer leurs compétences, leurs capacités personnelles, leur pratique réflexive et leurs aptitudes favorisant une meilleure qualité de vie, qui contribuent au bien-être, au développement professionnel, à une participation significative au sein des communautés locales et mondiales, ainsi qu’à des environnements de soins de santé durables.
5. Examiner, développer et renforcer les services de santé du corps professoral
Coordonner et concevoir les services du campus afin de favoriser un accès équitable, d’améliorer la santé et le bien-être, d’optimiser le potentiel humain et celui des écosystèmes, et de promouvoir une culture organisationnelle bienveillante et inclusive.
6. Investir dans l’amélioration continue et l’évaluation
Favoriser une culture d'apprentissage continu, d'adaptation et d'amélioration en s'appuyant sur des données factuelles, des retours d'expérience et des évaluations pour orienter la prise de décision, renforcer la responsabilisation et pérenniser les environnements favorables à la santé.
Comment utiliser les orientations stratégiques
L’impact est maximal lorsque plusieurs orientations stratégiques sont mises en œuvre conjointement. Par exemple, les changements apportés aux politiques, aux espaces et à la culture peuvent se renforcer mutuellement pour générer des améliorations plus significatives et durables.
Le travail de promotion de la santé se poursuit. À mesure que votre faculté progresse, il est important de faire régulièrement le point, de réfléchir et d’ajuster votre approche.
Revenez sur les étapes précédentes pour évaluer ce qui a changé :
Pérenniser les progrès
C’est un travail continu !
Les environnements propices à la santé ne se construisent pas en une seule fois. Une réflexion, une adaptation et un apprentissage permanents sont essentiels pour garantir un changement significatif et durable.
Orientations stratégiques de la Charte de l’Okanagan : En bref
Les environnements d’apprentissage et de travail favorables à la santé sont façonnés par l’influence combinée des politiques, des espaces, de la culture, le développement personnel, des services de santé et des efforts d’amélioration continue. Bien que chaque orientation stratégique se concentre sur un aspect différent du bien-être institutionnel, celles-ci sont interconnectées et sont plus efficaces lorsqu’elles sont mises en œuvre ensemble.
Comment les orientations stratégiques agissent ensemble
Les six orientations stratégiques ne sont pas destinées à être mises en œuvre de manière isolée.
Politique établissent les attentes, les mécanismes de responsabilisation et les priorités.
Espaces façonnent les environnements dans lesquels les personnes apprennent, travaillent, enseignent, mènent des recherches et dispensent des soins.
Culture influence la façon dont les personnes vivent ces environnements et interagissent les unes avec les autres.
Développement personnel favorise l’acquisition des connaissances, des compétences et des capacités nécessaires pour contribuer à la santé des communautés.
Services de santé donnent accès à des mesures de soutien et à des ressources qui favorisent la santé et le bien-être.
L’amélioration continue de la qualité et l’évaluation aident les établissements à apprendre, à s’adapter et à renforcer leurs efforts au fil du temps.
Ensemble, ces orientations stratégiques constituent un cadre global visant à promouvoir des environnements d’apprentissage et de travail favorables à la santé au sein des facultés de médecine.
Pour commencer
Les établissements n’ont pas à aborder simultanément l’ensemble des orientations stratégiques. Plusieurs commencent par identifier leurs forces, leurs priorités et leurs possibilités d’amélioration, puis sélectionnent un ou plusieurs orientations sur lesquelles agir. Les progrès réalisés dans n’importe quelle orientation stratégique peuvent contribuer à un changement organisationnel plus large et favoriser l’avancement de l’ensemble du cadre.
Poursuivez votre exploration de la trousse d’outils :
Introduction (commencez ici !)
Élaborer et mettre en œuvre une politique de promotion de la santé
Élaboré dans le cadre de l’Initiative sur la culture de la médecine universitaire (ICMU) de l’AFMC
© 2026 Association des facultés de médecine du Canada. Tous droits réservés.
Nous vous invitons à nous faire part de vos commentaires afin de contribuer à l’amélioration des prochaines versions de la trousse d’outils.
Vos questions, suggestions et corrections sont toujours les bienvenues.
Le bien-être compte : Une trousse d’outils pour la mise en œuvre de la Charte de l’Okanagan · Version 1.0 · Septembre 2026